Mieux vaut tard... Portal

Nouvelle série de billets, avec pour objectif de vous décrire, de façon assez succincte, des jeux "anciens" auxquels je n'avais pas encore joué ou que je n'avais pas ressortis depuis longtemps. Sans (forcément) tomber dans la catégorie "oldies", il s'agira majoritairement de jeux datant d'il y a quelques années. Voire même un mod de taille conséquente pour un jeu qui prenait la poussière dans un coin. Les articles s'attacheront à donner un avis sur le titre et, les jeux ayant été sélectionnés en fonction de mon intérêt pour eux, un éclairage sur les rasions qui m'ont poussé à l'installer ou le réinstaller. Inauguration avec Portal, certainement l'un des jeux les plus cultes de Valve.

Portal

Je ne vais pas retracer l'histoire complète du jeu, la fiche Wikipédia s'en chargeant très bien. Compte-tenu de l'âge et de la popularité du titre, je ne prendrai pas trop de gants avec les spoilers dans les lignes qui vont suivre. Vous êtes avertis.

Pourquoi Portal ?

La popularité du jeu ne fait aucun doute aujourd'hui, tout comme l'accueil triomphal que lui a réservé la presse. Portal a tellement compté pour nombre de joueurs que plusieurs jeux y font référence, de façon plus ou moins marquée. La seule phrase "The cake is a lie", reprise entre autre par Notch (créateur de Minecraft) sur son blog tout au long du développement, est un parfait exemple.

Un excellent jeu et une référence geek/pop-culturelle importante, que je n'avais jamais testé... ma raison d'y jouer était finalement très simple.

Portal

Pourquoi maintenant ?

Les promos Steam de l'été ont fait beaucoup baisser le prix du jeu, ainsi que celui du très récent Portal 2. Il ne m'en a pas fallu plus pour installer très rapidement la démo et me rendre compte que cela valait vraiment le coup !

Le jeu en quelques mots

Portal vous place dans la peau d'une jeune femme qui se réveille dans un centre scientifique high-tech, un peu perdue. Vous ne savez pas du tout ce que vous faites là, aucun cinématique n'ayant introduit le début de la "campagne". Très vite, une voix résonne dans un haut-parleur. Une voix métallique, mécanique. Visiblement une intelligence artificielle, chargée de vous guider dans une série de tests scientifiques. Car vous êtes ici pour cela : "servir la science", dans les différentes salles du complexe d'Aperture Science (une corporation concurrente de Black Messa, pour les fans de Half-Life).

Très vite, vous comprenez que les test qui vous attendent n'ont rien d'une partie de plaisir, et que votre vie est en jeu. Le plus souvent, échouer revient à trouver la mort dans des souffrances plus ou moins brèves. Pire que ce danger immédiat, le plus étouffant reste la pression psychologique mise en place par l'IA, qui continue de vous parler, tentant tour-à-tour de vous manipuler, vous déstabiliser, vous dénigrer... les monologues de l'IA sont un véritable bijou d'humour noir et de cynisme, avec parfois des réparties particulièrement cocasses et savoureuses. Mais le tout reste extrêmement dérangeant, des concepts comme la mort étant abordés avec une froideur toute scientifique. Il faut également noter le contraste très intéressant entre les salles de test, d'un blanc immaculé, et "l'envers du décor" que l'on aperçoit parfois, sale et décrépit.

Portal

Le gameplay est simple, du moins sur les contrôles : nous sommes dans un jeu à la première personne, basé sur le moteur d'Half-Life 2. Les contrôles et les sensations sont donc connus. Le moteur physique est également de la partie. En parlant de physique, et c'est là tout le sel du gameplay : Aperture Science ne vous a pas fait venir dans ses locaux pour vous faire traverser des pièces vides ou simplement analyser vos réactions psychologiques. Il vous faudra bien vite apprendre à vous servir du générateur de portails, qui donne son titre au jeu. Le principe est enfantin : vous utilisez le générateur (qui se présente en gros comme un fusil) pour générer un portail orange, et/ou un portail bleu. Entrer dans le portail orange vous fait ressortir par le portail bleu, et vice-versa (à travers ce qui doit être une sorte de vortex, à la Stargate).

Dans les premières salles de test, on trouve très vite comment tout fonctionne. Exemple fictif : la sortie de la salle est en hauteur, impossible de l'atteindre. Un portail bleu se trouve tout à côté de la porte... on crée un portail orange, et hop ! Bien entendu, tout se corse bien vite, avec des salles de plus en plus complexes, amenant de nouveaux dangers (robots de combat dotés de mitrailleuses, bains d'acide, etc.) et surtout faisant appel à des propriétés physiques de plus en plus poussées liées aux portails (conservation cinétique, boucles, etc.). Il devient de plus en plus difficile de trouver les solutions, parfois simplement en butant de façon idiote sur un problème très simple, juste parce qu'on n'a pas bien regardé autour de soi.

Portal

Pendant notre avancée dans le centre, le scénario continue d'avancer, par petites touches. On se sent de plus en plus mal à l'aise, de plus en plus paranoïaque également (l'IA fait tout pour ça). Un rebondissement, que l'on voit malheureusement arriver de très loin, nous attend au bout de quelques temps. Les choses prennent alors un tour encore plus malsain, avec une intensité psychologique pour le moins rare dans un jeu vidéo. Vraiment du grand art !

Alors ?

Vous l'aurez compris, je suis tombé sous le charme de Portal. Le gameplay est excellent, le scénario et les dialogues magistraux. Il s'agit franchement d'un must-play, proposé pour une somme plutôt modique sur steam, surtout lors des promotions. Seule (petite) ombre au tableau : la durée de vie, relativement faible. Pour ma part, j'ai fini l'aventure principale en moins de trois heures (il n'y a pas de niveau de difficulté réglable). Je n'ai jamais buté longtemps sur un "problème", sauf une seule fois, où j'avais mal observé les lieux et loupé la "porte de sortie".

Heureusement, il reste possible de continuer à jouer après avoir fini le "parcours", avec notamment des défis qui proposent de refaire certains passages avec des contraintes supplémentaires (compte-à-rebours, portails limités, etc.) ou dans une configurations beaucoup plus complexe. J'ai juste eu le temps de commencer, mais effectivement, c'est tout de suite plus ardu ! Il y a, je pense, de quoi s'occuper un bon moment, surtout si on veut débloquer tous les achievements.

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La suite

Portal 2 se présente sous d'excellents auspices. La critique est assez dithyrambique, les joueurs également. L'ajout du mode coopératif est un gage de bonne durée de vie, d'autant que la trame solo semble déjà bien plus développée que dans le premier titre (j'en suis à quatre heures de jeu sur la seule campagne et je ne pense pas être très proche du dénouement). Je vous en reparlerai certainement lorsque j'aurais pu un peu pousser le test, notamment en multi. À suivre...

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